II . Mais il se pourrait qu'il reprenne de l'ampleur

A. La hausse des inégalités actuelles provoque la monté de nouvelles revendications de gauche



Depuis de nombreuses années la France (comme bien d'autres pays) est victime de nombreuse inégalités. En juin 2004, un sondage de la SOFRES pour la Fondation Jean Jaurès interroge les Français sur leur perception des inégalités. À la question : « Au cours des dernières années, avez-vous le sentiment que les inégalités en France se sont plutôt aggravées ou qu’elles se sont plutôt réduites ? », 81 % des personnes interrogées répondent qu’elles se sont aggravées (nettement : 49 % ; un peu : 32 %). Seulement 15 % pensent qu’elles se sont réduites (un peu : 12 % ; nettement : 3 %). Il n’y a que 4 % de personnes sans opinion.
À la question : « Au fond de vous-même, avec laquelle de ces deux opinions êtes-vous le plus d’accord ? », l’institut recueille le résultat suivant : 25 % répondent qu’il n’est pas possible de lutter véritablement contre les inégalités sociales (pourcentage qui atteint 33 % chez les électeurs de droite, et 39 % chez ceux de l’extrême droite) ; 73 % répondent qu’il est possible de lutter véritablement contre les inégalités sociales (ce chiffre atteint 79 % chez les jeunes). 2 % sont sans opinion.

Les inégalités actuelles deviennent insupportables sur le plan humain. Elles minent les sociétés et les personnes. Elles entraînent une perte de confiance dans la société et ses institutions (systèmes scolaire, policier et judiciaire en particulier), ainsi que le rejet de la « politique » en général et d’une démocratie représentative qui ne parvient pas à réduire des écarts insupportables.

Ces inégalités influent très négativement aussi sur l’environnement et participent à sa dégradation. L’histoire nous a appris que les disparités de richesse et l’appauvrissement des populations déstabilisent les pays, voire les précipitent dans des conflits, des guerres et des violences.

Par exemple, entre 1998 et 2008, le niveau de vie moyen des 10 % les plus pauvres a progressé de 13,7 % soit 970 euros, une fois l’inflation déduite. Le niveau de vie moyen des 10 % les plus riches a augmenté de 27,3 % soit… 11 530 euros. L’écart relatif entre ces deux catégories a augmenté : les plus modestes touchent 6,7 fois moins que les plus aisés, contre 6 fois en 1998. En valeur absolue, l’écart est passé de 35 170 à 45 730 euros. En moyenne, les 10 % les plus riches ont gagné près de 10 mois de Smic net supplémentaires en dix ans.

Ces inégalités ont engendré, depuis la fin des années 70, de nouvelles revendications culturelles qui sont venues modifier les revendications de gauche :

  • La lutte des femmes. Les femmes luttent, partout, individuellement pour leur émancipation, pour leurs droits. Pour garder leur emploi, obtenir des crèches, s’assumer seules quand elles en viennent à divorcer, dénoncer un viol ou des violences etc.

  • Les luttes écologiques. En effet, de plus en plus de militants se mobilisent et mènent des actions pour faire avancer les consciences sur les questions liées à l'environnement.

  • Les mobilisations en faveur des chômeurs.

  • Les mobilisation en faveur des citoyens privés de logement

  • Les mobilisation en faveur des sans-papiers. De nombreuses manifestent contre la politique d'immigration du gouvernement et réclament la régularisation des sans-papiers.

  • Les demandes d'action de lutte contre la crise sont beaucoup plus forte, ces demandes ce fond par le biais d'une base de citoyens. Cette base rassemble les travailleurs aussi bien du secteur privé que du secteur public.